Accès directs

Paiement en ligne d’une amende

Fiche pratique

Audition de témoin lors d'un procès pénal

Vérifié le 23/10/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Vous êtes appelé à témoigner lors d’un procès pénal ? Nous vous expliquons comment se déroule l’audition d’un témoin, quelles sont les obligations et les règles à respecter.

Toute personne susceptible d’apporter des informations utiles à la manifestation de la vérité, sur l’affaire jugée, peut être témoin.

Lorsqu’une personne a le statut de prévenu , accusé, victime ou partie civile, elle ne peut pas être citée comme témoin car elle est déjà une partie au procès. Elle est convoquée et entendue en fonction de son statut.

La déposition du témoin doit porter sur les faits reprochés au prévenu, à l’accusé ou à la partie civile, et peut également concerner leur personnalité ou leur moralité.

Par exemple, le témoin peut avoir assisté aux faits, entendu une conversation ou connaître des éléments éclairant la personnalité de l’auteur présumé.

  À savoir

Un mineur peut également être témoin.

Le témoin peut être auditionné lors d'un procès devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel, la cour criminelle départementale ou la cour d'assises.

Il peut être convoqué à la demande du prévenu, de l’accusé, de la victime, de la partie civile ou procureur de la République ou procureur général à la cour d'assises et à la cour criminelle départementale).

La citation à comparaître devant la juridiction compétente, est remise au témoin par un commissaire de justice.

La citation doit indiquer la juridiction saisie, le lieu, la date et l’heure d'audience.

Elle précise également que vous êtes cité en tant que témoin.

Elle doit informer le témoin que sa non-comparution, son refus de témoigner et le faux témoignage sont punis par la loi.

  À savoir

Si vous avez des difficultés pour vous exprimer en français, que vous êtes sourd, malentendant ou muet, vous pouvez prévenir la juridiction, pour qu’il désigne un interprète. Cela facilite la préparation de l’audience.

La citation doit être faite en respectant un certain délai avant l'audience.

Ce délai varie selon que vous habitez en métropole, en outre-mer ou à l’étranger.

La citation doit être faite au moins 20 jours avant l'audience.

La délivrance de la citation doit être faite avant au moins 20 jours et 1 mois avant l'audience, si le procès a lieu dans un département ou un territoire d’outre-mer.

La délivrance de la citation doit être faite au moins 20 jours avant l'audience, si le procès à lieu dans votre département d'outre-mer..

Elle doit être faite au moins 20 jours et 1 mois avant l'audience, si le procès a lieu dans un autre département d'outre-mer ou en métropole.

Si vous résidez dans un pays de l'Union européenne, la délivrance de la citation doit être faite au moins 20 jours et 1 mois avant l'audience.

Si vous résidez dans un autre pays, elle doit être faite au moins 20 jours et 2 mois avant l'audience.

Si le témoin ne se présente pas au tribunal sans excuse valable (comme une hospitalisation par exemple), le tribunal peut le contraindre avec le recours de la police.

Le témoin doit se présenter à l’audience muni de sa convocation et un document d’identité (carte d’identité, passeport, permis de conduire, titre de séjour...).

Il doit se présenter soit à l’huissier audiencier, soit au greffier.

L’identité du témoin est vérifiée avant qu’il ne rentre dans la salle d’audience.

L’appel de toutes les parties (prévenu, accusé, victime, partie civile, enquêteurs, témoins, experts...) est fait dès le début de l’audience. Ensuite, les témoins sont dirigés vers une salle qui leur est réservée. Des dispositions peuvent être prises pour éviter toute discussion entre les témoins avant leur déposition (présence d’un policier).

Le témoin doit attendre qu’on l’appelle pour entrer dans la salle d’audience.

Devant le tribunal correctionnel ou de police, le président interroge d’abord le prévenu. Devant la cour d’assises ou la cour criminelle, le président interroge les parties dans l’ordre qui lui convient.

Si vous avez des difficultés pour parler français, que vous êtes sourd, malentendant ou muet, le président du tribunal peut désigner un interprète ou communiquer avec vous par écrit.

A l’appel de votre nom, vous devez déclarer votre identité complète : nom, prénoms, âge, profession, domicile.

Vous devez préciser si vous êtes parent ou allié d’une des parties au procès (prévenu, victime, partie civile, personne civilement responsable) et si vous travaillez pour elle.

Ensuite, le président vous demande de prêter serment. Il vous lit la formule du serment «de dire toute la vérité, rien que la vérité». Vous devez répondre «je le jure», debout, la main droite levée, la tête découverte (sans casquette, chapeau...).

En savoir plus sur le serment

Le témoin qui a prêté serment n’est pas tenu de le renouveler s’il est entendu une nouvelle fois au cours des débats.

Le président du tribunal vous pose des questions directement. Le ministère public, le prévenu, l’accusé, la victime, la partie civile ou leurs avocats, les jurés de la cour d’assises peuvent vous poser des questions en demandant la parole au président.

Vous devez donner un témoignage spontané, sans être interrompu. Devant la cour d’assises ou la cour criminelle, le président peut interrompre vos déclarations en vous posant des questions pour clarifier vos propos ou recentrer le débat.

Vous répondez aux questions posées par le tribunal. De manière exceptionnelle, vous pouvez vous aider de documents sur autorisation du président du tribunal.

Les pièces à conviction peuvent vous êtes présentées afin d’avoir vos observations.

En fonction des débats, le président peut vous demander de rester dans la salle d’audience, de vous retirer dans la salle réservée aux témoins ou de partir définitivement.

 À noter

En cas de refus de témoigner ou de prêter serment, vous risquez une amende d'un montant maximum de 3 750 €.

Vous avez droit (sauf le mineur de moins de 16 ans) à des indemnités de :

  • Comparution
  • Perte de revenus
  • Remboursement des frais de transport et de séjour.

Vous devez demander les indemnités au greffier à l'audience, qui vous donne ou vous envoie ultérieurement un document intitulé « état de frais » à compléter.

Les documents suivants doivent être joints à la demande  :

  • Attestation délivrée par l'employeur ou bulletin de salaire pour justifier de la perte de salaire ou de traitement
  • Copie de votre convocation au tribunal
  • Billets de train, avion ou bus par exemple ou copie de la carte grise du véhicule utilisé (le taxi ou le VTC ne sont pas remboursés)

Si vous avez dû aller au restaurant ou à l’hôtel (impossibilité de rentrer car audition tardive, nouvelle audition prévue un autre moment...), vous recevez une indemnité forfaitaire pour l’hôtel et les repas.

  À savoir

Lorsqu’un mineur de moins de 16 ans est accompagné par une personne sous l’autorité de laquelle il est placé (parent, tuteur, sauf l’administrateur ad hoc...), celle-ci peut demander à percevoir l’ensemble des indemnités. La personne qui accompagne un témoin malade ou infirme peut également être indemnisée.

Si vous ne pouvez pas payer vos frais de déplacement pour venir témoigner, vous pouvez demander au tribunal une avance sur l'indemnité. Cette avance peut être demandée à la régie (services financiers) du tribunal judiciaire. Elle peut par exemple être égale au prix d'un billet aller-retour quand le voyage s'effectue en transport en commun.

Lorsque vous n’utilisez pas les transports en commun (véhicule), l’acompte ne peut pas dépasser la moitié du montant de l’indemnité totale de transport.

En cas de fausse déclaration, le président demande au greffier d’en prendre note. Vous devez rester au tribunal. Vous pouvez même être placé en état d’arrestation provisoire par la police.

Quand le jugement est rendu le jour même, après la lecture de la condamnation, le tribunal ordonne que vous soyez conduit devant le procureur de la République pour demander l’ouverture d’une information judiciaire pour faux témoignage.

Le faux témoignage fait sous serment est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

Rappel

Rappel

En cas de refus de témoigner ou de prêter serment, vous risquez une amende de 3 750 € au maximum.

Si, lors de l’enquête, vous avez été autorisé à témoigner de manière anonyme ou sans déclarer votre adresse, vous pouvez tout de même être auditionné au cours du procès en présence du prévenu ou de l’accusé.

Si votre adresse personnelle a été anonymisée, la convocation vous est délivrée par la police ou la gendarmerie.

A l’audience, vous pouvez continuer à déclarer comme adresse celle du commissariat ou de la gendarmerie. mais le tribunal peut vous demander de déclarer votre véritable adresse.

Si vous avez bénéficié de l’anonymisation totale, la convocation est transmise par l’intermédiaire du procureur de la République.

Dans ce cas, l’audition est faite à distance, au moyen d’un dispositif technique permettant de ne pas vous reconnaître et rendant votre voix non identifiable.

  À savoir

Une condamnation ne peut pas être prononcée si elle se fonde uniquement sur les éléments recueillis auprès d’un témoin ayant bénéficié d’une anonymisation totale.